Les groupes syntaxiques comme point d'ancrage pour l'arrimage entre grammaire et écriture

Description

Congrès de l'AQPF 2015, sous le thème, Enseigner le français : entre l'ancre et la déferlante

11-13 novembre 2015

Québec, Québec

Les groupes syntaxiques comme point d'ancrage pour l'arrimage entre grammaire et écriture

La notion de « groupe syntaxique » (groupe nominal, groupe verbal, groupe prépositionnel, etc.) a fait son entrée à l'école avec la grammaire dite « nouvelle », qui figure au programme de l'école québécoise depuis la fin des années 1990. Si cette notion est enseignée dans les classes, son potentiel explicatif ne semble pas véritablement exploité, notamment en contexte d'écriture. En effet, de nombreuses « règles » visant à résoudre des problèmes d'écriture (notamment d'accord) font appel à l'ordre linéaire des éléments ou à des relations sémantiques plutôt qu'à leur constitution en groupe syntaxique. Par exemple, des règles comme « Le nom donne son genre et son nombre au déterminant qui le précède », ou encore « L'adjectif s'accorde généralement en genre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte », font respectivement appel à l'ordre linéaire et à une relation sémantique et ignorent la structure syntaxique sur laquelle elles pourraient prendre appui pour mieux s'énoncer et mieux s'ancrer aux connaissances grammaticales des élèves. Cette « sous-exploitation » apparente de la notion de groupe constitue un exemple très concret du cloisonnement, de la séparation parfois rigide entre grammaire et écriture en classe. Cette situation ne peut qu'affecter l'apprentissage chez les élèves : en effet, au lieu de capitaliser sur le fonctionnement général de la langue, on fait (encore) appel à des listes de règles non liées entre elles. Je donnerai plusieurs exemples où la notion de groupe pourrait être utilisée pour résoudre des problèmes d'écriture et situerai plus largement la discussion dans le contexte d'un modèle d'articulation de l'enseignement de la grammaire et de l'écriture (Boivin et Pinsonneault, 2014).



Date : mercredi 11 novembre
Heure : de 08:45 à 09:35
Lieu
Frontenac
Marie-Claude
Boivin
Marie-Claude Boivin est professeure au département de didactique de l'université de Montréal depuis 2003. Après un baccalauréat en droit à l'Université Laval (1990), elle a fait une maitrise en linguistique à l'UQÀM (1994) et un doctorat en linguistique au Massachusetts Institute of Technology (1999). Spécialiste de la syntaxe du français, elle s'intéresse depuis les années 2000 à la didactique de la grammaire. Elle est l'auteure, avec Reine Pinsonneault, de la monographie La grammaire moderne : description et éléments pour sa didactique, publiée en 2008 et destinée aux futurs enseignants de français et aux enseignants en exercice. Ses recherches portent notamment sur la transposition didactique en grammaire, l'articulation entre grammaire et écriture, les connaissances grammaticales des élèves, les performances en écriture des élèves et le français québécois.