La rétroaction versus l’évaluation : regards et enjeux

Dans son ouvrage Visible Learning – L’Apprentissage visible pour les enseignants traduit en 2017 –, le chercheur John Hattie identifie la rétroaction comme étant une des pratiques pédagogiques les plus efficaces pour améliorer les apprentissages et la réussite des élèves. Il définit la rétroaction comme étant bidirectionnelle, allant d’abord des élèves vers l’enseignant, celui-ci questionnant ses élèves sur leurs apprentissages et sur les moyens qu’ils se donnent pour apprendre, afin de réajuster son enseignement; puis de l’enseignant vers les élèves, afin que ces derniers voient clairement des pistes d’amélioration et qu’ils identifient leurs buts d’apprentissage. Une telle conception de l’évaluation formative, qui repose sur une rétroaction claire et fréquente, constituerait donc, selon Hattie, le meilleur moyen d’améliorer les apprentissages des élèves. À la lumière de tout ce que les recherches nous enseignent sur la façon dont nos élèves apprennent le mieux, il apparait de la plus haute importance de questionner les pratiques d’évaluation sommatives qui prévalent dans nos écoles : les activités d’évaluation qui se multiplient en lecture, en écriture, en communication orale et même en grammaire visent-elles à améliorer les apprentissages ou à en rendre compte?

Notre journée de précongrès s’intéressera précisément à cette question en vous proposant d’explorer différentes pratiques d’enseignement qui allient les exigences d’une rétroaction efficace aux impératifs de l’évaluation sommative, et ce, pour toutes les compétences enseignées en français. Nous aborderons aussi la question des technologies et le rôle qu’elles peuvent jouer pour soutenir, voire favoriser les rétroactions en classe.